La mobilité à Bruxelles

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Voulons-nous ou avons-nous besoin de villes sans voiture ?

Peut-on penser à des villes sans voiture ? 

Que se passerait-il si nous réfléchissions sérieusement à des villes sans voitures ? 

Ou plutôt à des villes où la voiture serait l’exception plutôt que la règle ? 

Nous verrons tout au long de cet article comment et pourquoi on a besoin de villes sans voitures. 

Aurions-nous toujours besoin de routes et de la même structure urbaine ? 

Aurions-nous toujours besoin de routes et de la même structure urbaine ? 

Les villes seraient les mêmes, mais avec moins de circulation. Rien n’empêche donc de penser de manière plus radicale. Les centres urbains peuvent se passer de voitures et d’avions, après tout, ils le font depuis des siècles. 

 

Même s’ils sont étroitement liés à la mobilité, ils ne doivent pas être conduits. Dans un récent projet de recherche dans lequel nous avons simulé un « monde post-voiture », les conclusions sont claires : un tel monde sans voiture est tout à fait possible.

 

Il est difficile d’imaginer des villes sans voiture. Pourtant, et alors même que la mobilité urbaine continue de croître et que le nombre de véhicules privés en circulation continuera d’augmenter pour atteindre deux milliards d’ici 2030, de nombreuses villes du monde se sont lancées dans des politiques publiques de réduction du trafic motorisé dans leurs rues. 

 

Portées par des objectifs environnementaux, de santé et de mieux-vivre, ces modèles sont parfois plus radicaux, en ciblant un idéal « sans-voiture », à l’échelle de quartiers, souvent en hyper-centre, mais aussi parfois de l’intégralité du territoire urbain.

 

Nos grandes villes sont aujourd’hui structurées par la voiture. Elles sont traversées par des rues où passent chaque jour des milliers de voitures. Elles sont parsemées de parkings. Les villes luttent chaque jour contre les embouteillages et la pollution de l’air. Les usagers se plaignent du manque de places de stationnement et de leur prix. 

 

Les municipalités sont confrontées au problème du stationnement. Les citadins s’éloignent de plus en plus du centre-ville pour éviter le bruit et les nuisances des voitures, ce qui crée en même temps un besoin de plus de voitures.

 

Parler d’une journée sans voiture, d’une vie sans voiture, relève de l’utopie, ou pire, de la folie. C’est un refus de la mobilité urbaine et de l’indépendance, un refus de la société moderne. Est-ce vraiment le cas ? Est-il réellement impossible d’imaginer des villes sans voitures ?

 

Les villes sans voitures : une tendance qui se dessine ?

Après une augmentation de 7 à 20 % par décennie depuis les années 1960, la courbe s’inverse : L’utilisation de la voiture se stabilise, voire diminue dans les grandes villes. À Paris, elle est en net recul. Entre 2000 et 2010, la circulation automobile a diminué de 23 % à Paris. 65 % des voitures des Parisiens restent au garage toute la semaine et ne sont que très rarement utilisées.

 

Cette situation contraste évidemment avec celle de l’ensemble du pays, où l’on compte 35 millions de véhicules privés. En France, 36 % des ménages ont au moins deux voitures et 8 ménages sur 10 ont au moins une voiture. Dans les campagnes, la voiture est incontournable puisqu’elle est pratiquement le seul moyen de transport. La voiture reste le principal moyen de transport, mais la tendance est claire : la voiture perd son prestige.

 

Une journée sans voiture, ce serait le paradis des piétons ! 

Des villes sans voiture : c’est surtout urgent !

Malgré cette tendance, les villes sans voitures sont encore (presque) une pure utopie pour de nombreuses personnes. En effet, comment les travailleurs peuvent-ils se rendre au travail ? Comment peuvent-ils se déplacer librement s’ils n’ont pas de véhicule personnel ? Ce sont bien sûr des questions fondamentales, mais sont-elles vraiment pertinentes ?

 

Selon la grande étude sur la mobilité urbaine du ministère du Développement durable, il y a en France 14,6 millions de personnes ayant un emploi fixe et régulier qui utilisent leur voiture pour se rendre au travail. Sur ces 14,6 millions, 6,3 millions ne peuvent pas utiliser leur voiture et choisissent un autre moyen de transport. 

 

S’ils n’utilisent pas leur voiture, c’est principalement pour des raisons de commodité (40 % pensent qu’il est plus rapide de prendre la voiture). De plus, le taux d’occupation moyen de la voiture est de 1,1 personne par véhicule. Il pourrait y avoir trois à quatre fois moins de voitures sur la route si les véhicules étaient mieux remplis, par exemple grâce au covoiturage.

 

D’autre part, dans les villes bien desservies, comme en banlieue parisienne, environ un habitant sur trois ne possède même pas de voiture.

 

Concrètement, cela signifie qu’une meilleure politique des transports publics, le développement de lignes de bus, l’augmentation de la fréquence des transports publics et une meilleure accessibilité des zones urbaines permettraient de réduire encore davantage la nécessité d’utiliser la voiture. Ces chiffres montrent que la limitation de l’utilisation de la voiture n’est pas un problème insurmontable.

 

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